12 juil. 2009
Au calme à Shikoku (part II : piégés à Naruto)
11 juil. 2009
Au calme à Shikoku (part I : Dansons à Tokushima)
Pour ce nouveau week-end, mes kidnappeurs ne me laissent d'autres choix que de les rejoindre au milieu de leur périple nippon pour leur servir de guide. Par un hasard contrôlé, ils se rendent sur la côte est de Shikoku qui n'est qu'à quelques heures de bus d'Osaka. Malgré une organisation très approximative (un mail sans réponse la veille), on réussit à se retrouver à Tokushima samedi matin. Une fois est coutume, j'ai une bonne heure de retard, mais je défie quiconque de trouver du premier coup la gare des bus JR pour Shikoku ... Il faut rentrer dans un hôtel, marcher un long couloir, prendre l'ascenseur jusqu'au 5ème pour atterrir dans une cour intérieure qui sert de gare routière ! Hasard (mal)heureux, ils sont à la bourre aussi, donc on se retrouve sans trop de difficultés.
6 juil. 2009
Fukukaka
À la Ponyo School of Journalism, on vous apprend à tirer moultes informations de votre environnement. Au vu des regards inquisiteurs des High School Girls grimpant les escalators, aucun doute n'est permis : ils m'ont mis dans un Sac Louis Vuitton dernière génération. Insertion dans un métro bondé, gueules grandes ouvertes et bâillements continus : signes révélateurs du lundi matin. La Boulouris Connection va s'en prendre à Fukuoka, capitale de l'île de
Kyushu. À 3h de Shinkansen d'Osaka, même la plus puissante Subaru des autorités nippones n'a pu tenir l'allure. Pour leur premier Hold-Up, les malfrats sont bien renseignés : depuis quelques années, la ville s'est révélée être un centre stratégique des échanges internationaux avec le reste de l'Asie.
La population locale n'est pas dupe : la métropole est déserte. Éviter tout dérapage, vraisemblablement. Mais les mercenaires ne sont plus des Gaijin, et les fines vibrations sous terraines atteignent rapidement leurs sandales Havaianas : l'autochtone se protège de son pire ennemi, le Soleil. Au premier accès B1, on pénètre dans l'artère principale où le commerce bat son plein.
Impression de déjà vu : Vie de France et Mos Burger se battent pour caféiner l'habitant, tandis que Bourrée et Un Dix Corps tentent vainement de vendre leurs tops et autres robes soi-disant importées de Pahrys. Au diable le shopping, les canailles veulent de la bière. Ni une ni deux, nous traversons l'allée, direction le no man's land et ses éternels bouffées de chaleur.
Mais que vois-je ! La Marina japonaise ! Quais infinis, ferrys, odeur de Hotate, soleil plombant, tout y est. On envahit la plage, déserte bien évidemment. Baignade ? Quenini, rétorque Man, armé d'un bâton de samouraï avec, à son bout, une méduse de la taille d'un Tachi. "Vas-y, pff...", rétorque Jon, habitué des onomatopées racaillistiques.
Ces bandits semblent s'être fixés le but bien étrange de marcher 20 km par jour. Ils n'ont aucune notion des distances, et moi, je suinte dans ce sac de cuir.
Vous l'aurez compris, Fukuoka, c'est la cité idéale pour vendre des produits structurés aux Coréens. La crapule-touriste, elle, ne trouvera sa source d'adréline qu'à un seul endroit : le JR retour...
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5 juil. 2009
BBQ & Aquarium
J'approche dangereusement les 3 semaines de retard sur mes billets, il est peut être temps de commencer à courir derrière le wagon si je veux le rattraper un jour ! Désolé pour la rafale d'articles qui va arriver...
1 juil. 2009
Fugitifs Raphaëlois : le Japon passe au niveau d'alerte 5

Après la prise d'assaut d'Osaka et de ses environs par deux jeunes Raphaëlois mardi soir, le ministère de l'intérieur japonais vient de décréter officiellement le passage au niveau d'alerte 5. Les deux malfrats, que la presse nipponne surnomme déjà la "Boulouris Connection", auraient été aperçus a l'aéroport de Kansai International en provenance de Seoul Incheon et son espace lounge de luxe. Les bandits auraient selon toute vraisemblance tenté de détourner l'avion vers le mont Fuji, menaçant l'équipage avec du foie gras périmé. Faute de carburant, ils auraient été condamnés à un atterrissage forcé à l'aéroport d'Osaka avec une heure de retard sur l'horaire prévue. Les deux terroristes auraient eu le temps de prévenir un de leur complice sur place, qui serait lui aussi arrivé avec une bonne heure de retard sur les lieux, muni de trois skateboards pour faciliter la fuite. A leur arrivée, les deux malfaiteurs ont réussi à passer inaperçus, déguisés en touristes néozélandais avec tong jaunes et short à pois multicolores.
Interrogé sur cette affaire, le commissaire Kawamoto ne cache pas son inquiétude : " il est clair que nous n'avons pas affaire à des amateurs. Au vu de leur préparation minutieuse, les deux malfrats ont la ferme intention de retourner le Japon, et d'en extraire la substantifique moelle. J'appelle donc tous les habitants d'Osaka et de ses environs, de Nara à Kobe en passant par Kyoto, à la plus grande vigilance "20 juin 2009
Dans les eaux d'Arashiyama
Sur l'initiative de Shililou, fournisseur officiel de bonheur pour masses populaires, l'équipe au grand complet a rendez vous avec la rivière d'Arashiyama pour une aprem rafting !
Après un déjeuner venteux sur les cimes de la gare de Kyoto, entre un Shinkansen et une cérémonie de mariage (oui on se marie dans les gares au Japon), direction les montagnes d'Arashiyama.
Le staff de TomSoya est jeune et cool, on a un peu le temps de papoter en attendant les retardataires. Après avoir enfilé nos combis, tous à la flotte ! On est assez pour remplir deux bateaux, S. remporte le suffrage féminin et se retrouve donc seul homme à bord pour lutter contre le bateau des pirates Mikan ... La descente nous prend 2 bonnes heures, rythmées de rapides 'Jurassic park', de cris de guerre, de batailles d'eau, de baignades au soleil et de sauts de falaises (enfin falaises ... disons que caillou surplombant la rivière serait plus approprié)
Bon j'avoue que si on est à la recherche de sensations extrêmes, mieux vaut passer son chemin ... La rivière est assez calme, particulièrement aujourd'hui. Mais pour le reste le coin est vraiment idyllique, les paysages sont superbes au cœur cette grande forêt où une rivière et un petit train de campagne peinent à se frayer un chemin. L'eau est bonne, les oiseaux gazouillent, l'homme et la forêt chantent leur bonheur à l'unisson (???). Dommage que les singes nous aient snobé !


Voila fin du parcours ! Pratique, il y a un arrêt de train juste en bas de la rivière pour nous ramener au point de départ. Fin de journée, les plus courageux (c'est à dire tout le monde sauf Popeye) vont récupérer des forces dans un resto à Okonomiyaki vers Kyobashi. La panse pleine, le gosier bien arrosé, le muscle saillant et le poil soyeux, chacun rentre chez soi pour une bonne nuit bien méritée ;D

6 juin 2009
Kobe la cosmopolite
Ce samedi, cap sur Kobe moussaillons ! Je me sens d'humeur à aller brouter avec les boeufs qui boivent de la bière et se font masser en écoutant du Johannes Brahms. A moins qu'un tremblement de terre ne vienne gâcher la fête. Voila c'est fait, les deux gros clichés ayant été cités, passons au vrai Kobe.Arrivé vers midi à la gare de Sannomiya, il ne me faut pas plus de 2 min pour trouver un point touriste et une carte de la ville (+1 pour la mairie de Kobe :D) La ville est grosso modo coupée en deux par
le tremblement de terre la ligne de train régionale : le Nord et son quartier européen Kitano, et le Sud avec son fameux port et ses commerces. Passé touriste professionnel depuis peu, je décide de me limiter aujourd'hui au Nord.
Kobe est très certainement la ville la moins japonaise qu'il m'ait été donné de visiter ici. Elle fut pourtant brièvement la capitale du Japon (pour ceux qui suivent depuis le début, ce n'est que la 4ème après Kyoto, Nara et maintenant Tokyo). Elle fut la première à s'adonner au commerce international en ouvrant son port au pays de l'ouest au début du siècle. Kobe compte aujourd"hui près de 50.000 étrangers et pas moins de 100 nationalités différentes, avec une majorité visible d'européens, d'indiens, de chinois et de coréens (bon d'accord les majorités chinoise et coréenne sont moins visibles je vous l'accorde). Et on s'en rend très vite compte en flânant dans le quartier de Kitano. Kitano-Cho, c'est un peu le Beverly Hills de Kobe. C'est sur cette colline que les riches armateurs négociants ont fait construire au XIXème des résidences de luxe à l'européenne. Pour les japonais, ce quartier représente le comble de l'exotisme. Moi je me sens à la maison ... Une fois n'est pas coutume, les japonais se sont emparés de cette spécificité européenne avec le tact qu'on leur connait, à savoir des drapeaux français et anglais tous les 3 mètres, un restaurant sur deux qui se prétend haute gastronomie française et une ribambelle de franponais. Quoi je ne vous ai pas encore parlé du franponais ? Aie je commence à être sérieusement à la bourre sur mon blog ! Note perso : prochain billet spécial sur le franponais et l'engrish.
La Kitano street est la rue la plus emblématique de cette invasion occidentale, illustrée par l'ancienne ambassade du Panama ou encore la Ben's House. Ben était un vieux chasseur anglais qui a accepté d'ouvrir son ancienne demeure au public, médusé devant sa cheminée, sa chaise à bascule et sont tapis en peau de tigre. Mais malgré tous mes récents progrès dans la langue de Yoko Ono, je ne parviens pas à négocier le prix d'entrée. Tant pis Ben, une autre fois peut être ...
Next target : le jardin Sorakuen ! Kobe a tout de même réussi à conserver une once de sa propre culture. Le jardin faisait partie de la demeure de Kodera Kenkichi, ancien maire de Kobe. Ouvert au public en 1941, il ne reste plus que le jardin, sa maison ayant été détruite pendant la guerre, ainsi que la maison d'un certain Mr Hassam, un commerçant indien dont l'opportunisme l'a conduit dans les hautes sphères de l'intelligentsia locale. Bref, encore un magnifique jardin qui vient embellir ma merveilleuse collection. Bonne visite :D
C'est tout pour cette première partie ! Programme du prochain épisode à Kobe : le port, Chinatown, les restes du tremblement de terre, le Arima-onsen, et sûrement un peu de shopping à Harborland. Car comme disent les japonais à propos de la mode : "If you can't go to Paris, go to Kobe". Moué.
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25 mai 2009
Business Trip à Okayama
Aujourd'hui, bonne surprise, mon boss m'emmène en business trip à Okayama ! Ca veut dire premier Shinkansen ! Yalla ... On va présenter nos protos à l'Université de médecine Kawasaki. A l'entrée, on nous demande d'enlever nos chaussures (encore ?!?), on se retrouve donc à trois costumes cravate en pantoufles ... Le proto de mon boss a été malmené pendant le transport, du coup il marche pas et mon projet se retrouve sous le feu des projecteurs. C'est rigolo, je me retrouve à faire cours en anglais à une dizaine d'étudiantes en master, qui visiblement n'ont rien à cirer de ce que je suis en train de leur raconter, mais qui par contre s'éclatent comme des gamines, me prennent en photo et m'interrompent à coup de "sensei, you want to dance ? ". Et oui la French Touch que voulez vous ...
9 mai 2009
Robocup
A force de voir la pub un peu partout en ville, j'ai finalement craqué. Je suis donc allé voir la "Robocup Japan Open 2009 Osaka", compétition de robots organisé au Kyocera Dome (grand stade couvert de baseball, terrain d'accueil des Buffaloes). La compet' dure 3 jours, et aujourd'hui c'est la catégorie ..... junior. Moi qui venais voir de la robotique de haut vol, c'est raté. Mais c'est présumer un peu vite des talents des gamins japonais. Beaucoup de gens ont fait le déplacement, essentiellement des parents venus supporter leur progéniture. Il y a plein de thèmes différents, beaucoup de match de foot, mais aussi des concours de danse, d'orientation ou des stands d'inititation. Et les gamins sont tout simplement hallucinant ! En coulisse, une armée de minots gigotent dans tous les sens, en train de programmer leur netbook, de bidouiller les cartes électroniques de leurs robots d'une compléxité vraiment bluffante. Après avoir vu ça, je vous le confirme, un diplôme d'ingé français en électronique ne vaut vraiment pas grand chose ici ...
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5 mai 2009
Les vacances de Ponyo (Part I.2 : Kyoto & Nara)
Fin de vacances, deux jours à tuer, c'est l'occasion de refaire un petit tour à Kyoto, et pourquoi pas visiter Nara. Cette fois j'ai décidé de ne pas y aller complétement à l'improviste, j'ai donc imprimé un guide. En le lisant dans le train, je me rends vraiment compte de l'étendue de la chose, je vais donc me limiter à un endroit bien précis, à savoir les alentours de Gion. Ce quartier est un peu le centre ville traditionnel où on trouve beaucoup de maisons de thé, de restaurants et de petits théâtres. C'est vraiment un endroit très agréable, parcouru tout le long par un petit cours d'eau, comme le montrent les photos. En réalité, il est surtout connu pour être le quartier des geishas. C'est ici que beaucoup d'entre elles logent et se produisent (par "produisent" j'entends "animent les arts traditionnels japonais dans les banquets). Malheureusement on n'en croise presque jamais dans les rues, à moins d'être chanceux. La chance n'est pas avec moi aujourd'hui, tant pis, ce sera pour la prochaine fois ...
3 mai 2009
Les Vacances de Ponyo (Part I.1 : Miyajima)
Lever 7h pour me rendre sur l'île de Miyajima. J'apprends en partant que mon voisin de chambre s'est fait volé 5000 ¥ dans son porte feuille pendant la nuit. Je m'en sors bien, sachant que j'avais quand même mon MacBook, mon appareil photo et mon argent au pied du lit. Bref, après 40 min de Streetcar et 10 min de Ferry, me voici à Miyajima. Et là c'est le coup de foudre ! Une petite île paradisiaque, où on trouve à la fois plage, montagne, temples, parc naturel, chevreuils à l'état sauvage (deers en anglais, je ne sais pas si ce sont des cerfs, des chevreuils, des biches ou des daims). C'est tout simplement un endroit magique, où je conseille à tous ces messieurs d'emmener leur dulcinée. Je ne veux pas gâcher ce moment avec des mots, donc allez voir les photos.
Entre temps, j'apprends qu'il n'y a pas de bus pour Osaka avant le lendemain midi, il me faut donc trouver refuge pour la nuit. L'idée de camper à l'état sauvage me traverse l'esprit, mais la fraîcheur de la nuit et l'escalade du Mt Misen (point culminant de l'île, plus de 500m) calment mes ardeurs, même si la montagne me récompense avec une vue magnifique sur toute l'île.
Finalement j'opte pour le plan de secours n°2, à savoir aller dormir dans un cyber café à Hiroshima. Ca va sûrement vous surprendre, mais sachez que c'est très courant au Japon! Les cyber-cafés sont bien mieux aménagés qu'en France. Pour environ 1500 ¥, on a libre accès pendant 9h à son compartiment avec PC, téléphone et au choix : fauteuil en cuir inclinable, sofa ou matelas. Autrement dit c'est fait pour. Il y a une bibliothèque immense de mangas et magasines en libre accès, boissons à volonté et on peut même prendre une douche pour 300 ¥. D'ailleurs j'étais loin d'être seul, le cyber-café était bondé de gens venus passer la nuit. C'est d'ailleurs un problème inquiétant au Japon : plus de 5000 Japonais sans domicile fixe, des travailleurs précaires âgés d'une vingtaine d'années pour la plupart, dorment quasiment chaque nuit dans des cybercafés.
30 avr. 2009
Les Vacances de Ponyo (Part I.1 : Hiroshima)
Très vite, mes plans de voyage pour la deuxième partie des vacances s'annoncent compromis. J'aimerais bien partir à Hiroshima et visiter l'île de Miyajima, mais après quelques coups de fil (oui j'ai récupéré un téléphone depuis), je comprends vite que tout est complet ........ sauf si je pars le soir même ! Allez hop, départ sur un coup de tête pour 3 jours dans la préfecture d'Hiroshima avec seulement l'aller en poche, le retour on verra bien !
Le moyen le plus rapide d'aller à Hiroshima reste le Shinkansen (ou Bullet train, équivalent du TGV en France), mais il reste cher, surtout pendant la Golden Week. J'opte donc pour le plan B, bien connu des voyageurs de fortune, à savoir le bus de nuit. Départ d'Umeda (que j'ai repéré la veille), et c'est parti pour 6 heures de bus.
Arrivée au petit matin à Hiroshima. Ne sachant pas trop où j'ai atterri, un groupe d'américains me vient en aide. Au bout de 5 min, l'un d'eux me lance : "Where are you from ? You sound Australian !" Merci ça fait plaisir. Le temps de prendre un café et de comprendre comment marchent les streetcar, j'arrive à l'auberge J-Hoppers pile à l'heure d'ouverture. Pour ceux qui souhaitent visiter cette région, ce "backpackers" est un très bon point de chute. Très bon marché (2500 ¥ la nuit dans le dortoir commun, y a pas moins cher), bien situé, le staff est vraiment sympa et parle anglais (demandez Mameru). Le temps de poser les affaires, je décide de louer un vélo pour la journée (500 ¥) et me lance direction le Hiroshima Peace Memorial, plus connu sous le nom de A-Dome. Plutôt bien conservé après l'explosion de la bombe atomique (pourtant l'hypocentre n'est qu'à 100m), les habitants ont décidé de le conserver tel quel. Il est devenu au fil des années le symbole de la tragédie. Toutes les photos sont sur mon PicasaWeb. Ensuite, petite ballade dans le Memorial Park érigé en mémoire des victimes. Je décide de visiter le Peace Memorial Museum (seulement 50 ¥). Bon je ne vais pas vous mentir, ce n'est pas le musée le plus drôle que j'ai fait, mais je l'ai trouvé vraiment intéressant. J'y ai appris des tas de choses, notamment pourquoi Hiroshima a été choisie par les USA comme cible.
Bref vous allez penser qu'Hiroshima ne tourne qu'autour de la bombe nucléaire (ce qui n'est pas totalement faux), donc je vais parler un peu du reste. Le stade de Baseball des Carps (oui les carpes), équipe pro locale, est au plein coeur de la ville. Je ne l'ai peut être pas précisé avant, donc je le fais maintenant : Le Baseball est au Japon ce que le foot est au Royaume-Uni. C'est quasiment une religion ici, même si le foot (sakkâ) a aussi une place importante. Il y a visiblement un match amateur en ce moment, mais l'entrée est trop chère pour ma petite bourse.
La chambre de commerce et d'industrie d'Hiroshima a la bonne idée d'être collée au stade et d'avoir 12 étages, on doit donc pouvoir avoir une belle vue du stade de là haut. Je parviens à embrouiller l'hôtesse d'accueil et à accéder au dernier étage, mais l'accès est bloqué (prévention anti-suicide visiblement). Finalement j'ai réussi à prendre quelques clichés depuis le toit d'un autre immeuble.
Après une pause déjeuner dans une des nombreuses Bakery (on y trouve toute sorte de sandwiches, tartes et pains briochés en self-service, nourriture 100% française mais concept 100% japonais), je décide d'escalader le Rihga Royal Hotel et ses 33 étages, histoire de voir toute la ville. A l'ouverture de la porte d'ascenseur, je tombe nez à nez avec cinq majordomes sourire collé au visage et bouteille de Champagne à la main. Apparemment le dernier étage est réservé à un restaurant gastronomique français ou l'entrée commence à ... 5 000 ¥. J'essaye d'expliquer que je veux juste prendre une photo. L'un deux m'emmène à l'étage du dessous, ou il y a un espace lounge réservé au client de luxe (le Rihga a 4 étoiles quand même), avec une immense baie vitrée. D'où ces quelques modestes photos.
En fin de journée, je décide d'aller essayer mon premier 銭湯 sentō, bain public japonais. La nudité est de rigueur (!), et on se lave sur petit tabouret avec un jet d'eau avant d'aller s'immerger dans plusieurs bassins à différentes températures. On trouve même des bains électrifiés (!!), ça fait bizarre. Les Sento s'apparentent aux Onsen, mais les Onsen sont des sources naturelles que l'on trouve à proximité des volcans. J'en ressors revigoré, frais comme un gardon, le poil luisant.
Le soir, je sors manger un お好み焼き, okonomiyaki, sorte d'omelette fourrée typiquement japonaise. Celles d'Hiroshima sont très réputées. Les okonomiyaki sont cuisinées devant nous et se mangent à même la plaque chauffante. Encore une fois, les photos parlent d'elles-même.
29 avr. 2009
Golden Week
Pour fêter ma première semaine de travail, rien de tel qu'une semaine de vacances ! Voici arrivée la fameuse Golden Week, principale période de vacances des Japonais, qui arrive peu après le début de l'année (en avril au Japon). Pour moi, cette Golden Week arrive peut être un peu trop tôt. Trop fraîchement arrivé, je n'ai pas trop eu le temps de planifier quoi que ce soit. Sachant que ce sont quasiment les seules vacances des japonais, elles sont organisées longtemps à l'avance si bien que les transports et la plupart des hôtels et autres ryokan (auberge traditionnelle japonaise) affichent complet.
Je décide de passer les premiers jours dans le coin, et de partir plutôt pour la fin des vacances, pour avoir le temps de tout organiser correctement. Je me lance donc dans l'exploration d'Umeda, 2ème centre ville d'Osaka. Comment décrire Umeda en étant le plus fidèle possible... Umeda c'est ... égarant ? A la sortie du métro, c'est la panique totale. Je me retrouve au beau milieu d'une galerie sous terraine qui n'est rien d'autre que l'un des plus grands centres commerciaux du Japon ... le tout sur un seul étage, je vous laisse imaginer. Mais Umeda c'est aussi un pôle économique, un carrefour autoroutier immense, le point de chute des hôtels de luxe démesurés. Bref une jungle de béton complètement déroutante pour le petit provincial que je suis. Au passage, j'en profite pour signaler qu'Osaka est (de peu certes) plus grande que Paris en taille et en nombre d'habitants (et ça n'est que la 3ème plus grande ville du Japon, Tokyo est encore 3 à 4 fois plus grande ...brrr).
En cherchant un magasin, je tombe sur un monsieur en vélo, qui non seulement m'indique le chemin, mais se propose même de m'accompagner (avec un joli "My wife is waiting for me, but I don't care"). Le magasin est à plus de 20 min de marche, ce qui nous laisse le temps de sympathiser. K-san m'annonce qu'il entraîne une équipe de baseball de gamins de 12 ans, qu'il participe à un championnat dimanche prochain, et qu'il aimerait beaucoup que je vienne y assister. Why not ? Finalement, je trouve ce que je cherchais grâce à lui. Pour le remercier, je l'invite à aller boire un coup dans le quartier. Deux heures, une douzaine de takoyaki (les boulettes de poulpe, pour ceux qui suivent) et 4 bouteilles de Kirin (la bière locale) plus tard, nous quittons les lieux un peu émêchés. Malgré son insistance, je parviens à payer. Très honoré (les japonais estiment que quand un étranger vient au Japon, il est leur invité et qu'il ne doit rien payer), il promet de m'inviter à manger chez lui et de me présenter son fils et sa fille qui ont le même âge que moi. Et bim, un rencard dans une famille japonaise, j'ai gagné ma journée.
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Libellés : Tourisme
22 avr. 2009
Welcome Party, Part I
Ce soir, après le boulot, mon équipe m'emmène dans un 居酒屋 (izakaya) pas loin de là, pour fêter mon arrivée comme il se doit. L' izakaya est un peu l'équivalent de la brasserie en France. Littéralement, izakaya signifie "lieu où l’on sert de l'alcool", mais on n'y vient aussi pour manger (et pas qu'un peu croyez moi). Le concept est plutôt convivial, les tables sont quasiment à même le sol, mais il y a un trou pour les jambes, ce qui fait qu'on y est assis comme à une table classique, sauf qu'on est par terre. Chaque groupe est généralement isolé par une porte coulissante, par laquelle la serveuse vient prendre les commandes et servir les plats. On ne commande pas pour soi, mais pour tout le monde, les plats sont répartis sur la table et on vient picorer. C'est un lieu très apprécié ici. Les japonais vont souvent là-bas entre collègues, parce que c'est un endroit où on peut enfin tomber les masques, où le respect de la hiérarchie est un peu mis de côté et où on peut parler franchement. Ce que je m'empresse de faire : après mon troisième 梅酒 (umeshu, litt. « alcool de prune »), je leur fais remarquer le paradoxe du costard. Petite parenthèse sur ce fameux paradoxe : chez Panasonic (et sûrement ailleurs), tout le monde vient au boulot super classe. Seulement la quasi totalité des gens travaillent en R&D, et enfile donc, dans le vestiaire avant d'arriver au bureau, l'uniforme prévu à cet effet. Résultat des courses, le costard ne leur sert qu'à faire les beaux dans le métro le matin en venant et le soir en partant. Aucun intérêt. En tout cas ça a le don de les faire bien marrer, ils m'avouent qu'ils trouvent ça débile aussi, mais que c'est comme ça. D'ailleurs c'est un bon moyen de repérer les stagiaires étrangers à Panasonic, ils sont tous en T-shirt Jean Basket. Parenthèse fermée, la soirée touche à sa fin. Et là, au moment de payer, on remet les masques. C'est simple, ici on paye à hauteur de son salaire, ce qui veut dire que le manager crache la thune, que autres se partagent le reste et que moi je me fais inviter. Héhé.
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19 avr. 2009
Virée à Kyoto
Ce dimanche, S. et T., une autre stagiaire chinoise de Centrale, ont décidé de visiter Kyoto. Très bonne nouvelle, je profite du fait qu'il soient arrivés avant moi pour prendre le train en route. Surtout que la saison des 桜 (Sakura, les fameux cerisiers en fleurs) touche à sa fin, et que si je veux en voir, c'est aujourd'hui ou jamais. Bonne surprise, Kyoto est vraiment facile d'accès, à seulement une grosse heure de train et ne coûte que 400 ¥ (j'arrête volontairement de convertir en € pour immerger le lecteur... ).
Pour ceux qui ne connaissent pas du tout, Kyoto est considéré par beaucoup comme la plus belle ville du Japon. Ancienne capitale historique, elle regorge de temples et de multiples vestiges du Japon traditionnel ancien. De nombreux temples de Kyōto sont classés dans le patrimoine mondial de l'UNESCO.
Je reviendrai sûrement plusieurs fois, car il faut bien plus de temps (toute une vie diront certains) pour saisir cette ville magnifique.
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