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12 juil. 2009

Au calme à Shikoku (part II : piégés à Naruto)



Notre périple nous conduit donc directement à Naruto, petite ville à la jonction des îles Honshu et Shikoku. Première mission : trouver un hôtel. J'avais certes réservé un ryokan, mais après réflexion un logement plus économique serait le bienvenu. Le coin autour de la gare ne fait pas très envie, les hôtels non plus ... ça fait un peu banlieue nord de Mulhouse. On finit par trouver un business hotel dont les prix ont l'air correct. Seulement le type de l'accueil a décidé de nous faire galérer. Vous savez le genre qui percute pas, et qui vous amène à croire que vous parlez japonais comme une vieille m****, alors qu'en fait il lui manque juste quelques neurones ? Bah c'est celui là. Bon finalement on s'en sort plutôt bien, avec un discount (9.000 ¥à trois) parce qu'il manque les draps sur un des lits. Après s'être royalement restauré dans un izakaya du coin, retour à l'hôtel pour une bonne nuit.


Sous un soleil de plomb, on part le lendemain à l'assaut des fameux tourbillons de Naruto. Kézako ? En dessous du pont O-naruto, les marées de l'océan Pacifique et de la mer intérieur Seto se croisent et forment des tourbillons qui - paraît-il - seraient parmi les plus impressionnants du monde. Le pic est à 14h30, juste de quoi y aller tranquillement, casser la croûte et piquer une petite tête dans le Pacifique pour se rafraîchir. Le moment M vient, direction le pont. Une plate-forme piétonne (Uzo no michi) a été installée en dessous de la route pour permettre de voir les tourbillons à travers une vitre au sol, à 45m au dessus de l'eau. Et la c'est vraiment .... la grosse déception. On voit juste un mer agitée, quelques mini-bribes de commencement d'amorçage de début de tourbillons, et pis c'est tout. La foule est au rendez vous, pas les tourbillons. Voila quand même quelques photos fortement zoomées dans le but de tromper l'oeil humain :

la photo Wikipedia ...

... et la photo Ponyo !

Ils décident de redescendre non pas en bus cette fois, mais à pied en longeant les plages. On passe devant le musée Otsuka, le plus large du Japon (keskifou à Naruto ?!!?) où on peut voir des copies d'oeuvres occidentales célèbres, genre le plafond de la chapelle Sixtine. En face se trouve un magnifique resort, un genre de Club Med dans le style nippon, mais leurs tentatives de squat sont vaines. Direction les plages, qui sont curieusement vides pour un dimanche ensoleillé. Deux raisons à ça; la première est que les Japs n'aiment trop rester longtemps au soleil, donc à 17h il n'y a plus un chat; la deuxième tient en un mot : méduses.

Voili voilou, un bon petit week-end s'achève, loin des bruits et des tracas des grandes métropoles. Mes ravisseurs ont encore bien d'autres projets, dont vous devriez avoir des nouvelles d'ici peu. Pour moi l'heure est venue de retourner à la vraie vie, celle du réveil à 7h pour aller bosser. Mais je dois avouer que je commence peu à peu à prendre goût à cette vie de hors la loi :D Serais-je en train de devenir un fugitif ?


11 juil. 2009

Au calme à Shikoku (part I : Dansons à Tokushima)


Pour ce nouveau week-end, mes kidnappeurs ne me laissent d'autres choix que de les rejoindre au milieu de leur périple nippon pour leur servir de guide. Par un hasard contrôlé, ils se rendent sur la côte est de Shikoku qui n'est qu'à quelques heures de bus d'Osaka. Malgré une organisation très approximative (un mail sans réponse la veille), on réussit à se retrouver à Tokushima samedi matin. Une fois est coutume, j'ai une bonne heure de retard, mais je défie quiconque de trouver du premier coup la gare des bus JR pour Shikoku ... Il faut rentrer dans un hôtel, marcher un long couloir, prendre l'ascenseur jusqu'au 5ème pour atterrir dans une cour intérieure qui sert de gare routière ! Hasard (mal)heureux, ils sont à la bourre aussi, donc on se retrouve sans trop de difficultés.


Tokushima est une petite ville sans prétention, qui reproduit l'éternel schéma japonais gare-centre commercial-Pachinko street-temple, le tout dans des proportions lilliputiennes. En fait Tokushima est très connu pour le festival Awa-Odori (Awa = ancien nom de Tokushima, Odori = danse). L'Awa-Odori, c'est en quelque sorte les férias de Bayonne, mais avec un peu plus de classe ;D. La ville est prise d'assaut pendant 5 jours par des danseurs et musiciens traditionnels dans une humeur festive très contagieuse.

Mais le festival se tient au milieu du mois d'août, c'est à dire pas maintenant :D. Pas grave, on prend un pack musée-show-téléphérique à 1500¥pour se faire une idée. Le musée est très modeste (on voit la sortie en entrant), mais ils se rattrapent avec le show ! Une dizaine de danseurs se produisent pendant que l'un d'entre eux explique les bases de la danse, de l'histoire à la choré, le tout rythmé par une musique folklorique plutôt sympa. Bien sûr tout est en japonais, mais une hôtesse-robot de l'accueil se fait une joie de nous servir d'interprète (j'apprends notamment que la galerie souterraine du centre ville d'Osaka "Namba Walk" tire son nom d'une des danses traditionnelles). A la fin, les danseurs invitent le public à se joindre à eux pour la danse ultime. iManouel et moi-même rejoignons la troupe pendant qu'Abdoul filme. 

(la vidéo ne devrait pas tarder à suivre ...)

Puis le chef de la troupe désigne les meilleurs danseurs pour leur remettre un "certificat de danseur Awa-Odori". Imanouel, grâce à un jeu de jambes sans égal, accède à la reconnaissance ultime. Mémorable !

Les danseurs  Awa Odori en pleine démonstration

iManouel se voit remettre le certificat de danseur Awa Odori ...

... avant d'électriser  la foule avec une interprétation très personnelle du Namba Walk

Après un petit tour sur la colline qui surplombe la ville via le téléphérique et une visite du château qui en fait n'existe pas, la petite troupe se dirige bientôt vers Naruto et ses fameux tourbillons. La suite au prochaine épisode !

6 juil. 2009

Fukukaka

À la Ponyo School of Journalism, on vous apprend à tirer moultes informations de votre environnement. Au vu des regards inquisiteurs des High School Girls grimpant les escalators, aucun doute n'est permis : ils m'ont mis dans un Sac Louis Vuitton dernière génération. Insertion dans un métro bondé, gueules grandes ouvertes et bâillements continus : signes révélateurs du lundi matin. La Boulouris Connection va s'en prendre à Fukuoka, capitale de l'île de Kyushu. À 3h de Shinkansen d'Osaka, même la plus puissante Subaru des autorités nippones n'a pu tenir l'allure. Pour leur premier Hold-Up, les malfrats sont bien renseignés : depuis quelques années, la ville s'est révélée être un centre stratégique des échanges internationaux avec le reste de l'Asie.

La population locale n'est pas dupe : la métropole est déserte. Éviter tout dérapage, vraisemblablement. Mais les mercenaires ne sont plus des Gaijin, et les fines vibrations sous terraines atteignent rapidement leurs sandales Havaianas : l'autochtone se protège de son pire ennemi, le Soleil. Au premier accès B1, on pénètre dans l'artère principale où le commerce bat son plein.

Impression de déjà vu : Vie de France et Mos Burger se battent pour caféiner l'habitant, tandis que Bourrée et Un Dix Corps tentent vainement de vendre leurs tops et autres robes soi-disant importées de Pahrys. Au diable le shopping, les canailles veulent de la bière. Ni une ni deux, nous traversons l'allée, direction le no man's land et ses éternels bouffées de chaleur.

 Le guide du Lascar Planet est précis : Tenjin, c'est le quartier des folies nocturnes. Ma montre aquatique m'indique qu’il est 12h : pas un signe de vie. Stores baissés, lumières éteintes, même pas une vague odeur de tempuras pour éveiller notre appétit.  Qu'il est soit ainsi, prenons le joli métro, traversons la ville, il paraît qu'une plage se perd à l'Ouest.

Mais que vois-je ! La Marina japonaise ! Quais infinis, ferrys, odeur de Hotate, soleil plombant, tout y est. On envahit la plage, déserte bien évidemment. Baignade ? Quenini, rétorque Man, armé d'un bâton de samouraï avec, à son bout, une méduse de la taille d'un Tachi. "Vas-y, pff...", rétorque Jon, habitué des onomatopées racaillistiques.

Ces bandits semblent s'être fixés le but bien étrange de marcher 20 km par jour. Ils n'ont aucune notion des distances, et moi, je suinte dans ce sac de cuir.

La nuit tombe, j'ai faim. Un Mos Burger où je fais un malheur ! Face à mes cris stridents, la pire des racailles ne peut rien : ainsi cèdent-ils à mes exigences pour m'acheminer à bon port. Et quelle déception mes amis ! Copie ratée de McDonald's, un peu comme le frère jumeau de Man, que je côtoyais jadis. Steak à l'oignon labellisé LeaderPrice, Coca Breizh Cola...Jon a d'ailleurs rangé sa caméra pour sortir un carton rouge, mais rien n'y fait, triple "Arigato gozaïmashita" et courbure à 270° en guise de réponse. Le Japon, c'est aussi ça...

Vous l'aurez compris, Fukuoka, c'est la cité idéale pour vendre des produits structurés aux Coréens. La crapule-touriste, elle, ne trouvera sa source d'adréline qu'à un seul endroit : le JR retour...

5 juil. 2009

BBQ & Aquarium

J'approche dangereusement les 3 semaines de retard sur mes billets, il est peut être temps de commencer à courir derrière le wagon si je veux le rattraper un jour ! Désolé pour la rafale d'articles qui va arriver...


Pour leur première semaine, mes deux squatteurs ont découvert ma ville d'adoption, Osaka, et ses alentours sous un temps plutôt fidèle aux prévisions (je vous l'avais dit les gars que vous débarquiez en pleine saison des pluies !). Ce samedi, Yoshi nous a concocté une petite journée barbecue au bord de la rivière Yoshino avec des ami(e)s japonai(e)s, tout ce qu'on avait à faire c'était nous lever pour être à 9h au combini près du dortoir. Seulement après la soirée chargée d'hier soir (open bar au Pure, karaoke derrière, un pote perdu et retour à 8h du mat complètement dosés), bah y avait pas grand monde devant le 7 eleven à 9h ... Résultat je me fais secouer à 10h dans mon lit par Yoshi qui a passé une heure à chercher le dortoir avant de rentrer dans la guest room pour nous botter les fesses ! Yoshi si tu lis ces lignes c'est toi le meilleur ;D

Une grosse heure de trajet plus tard, le temps de faire connaissance avec les copines de Yoshi et de faire pour 10.000 ¥de courses pour le BBQ (!), nous voilà arrivés dans notre petit bout de paradis ... une petite plage de galets sableux coincée entre une rivière et une forêt de bambous, avec quelques djeun's qui ont eu la même idée que nous. Une aprem comme je les aime, à dévorer des grillades japonaises, à siroter de la bière, à papoter avec des locaux avant d'aller piquer une tête et jumper depuis les rochers dans les courants de Yoshino ... Le remède idéal contre les lendemains difficiles :D

(photos à venir)

Le lendemain, virage à 180 degrés : du petit coin connu seulement des locaux, on passe directement à la première page du guide touristique d'Osaka de base, j'ai nommé le Kaiyukan, un des plus grands aquarium du monde. Effectivement plutôt massif, notamment le bassin central, avec ses quelques 11.000 tonnes d'eau (!) Après ça reste un aquarium avec des poissons, des crabes et des dauphins ... et surtout un régiment de couples et de familles japonaises collés au vitres à prendre des photos qui seront de toute façon moins réussies que sur le site web de l'aquarium ... Grrrrr. Bon je râle mais j'ai fait pareil :


Fin de journée, on va boire l'apéro à Umeda dans un bar irlandais ... et on tombe en plein match des Gamba Osaka, l'équipe de foot locale, face aux Nagoya Grampus. Grosse ambiance dans le bar ! Les Japs sont vraiment un des meilleurs publics que je connaisse. Ils vivent le match à 200%, s'affolent dès que la balle approche la ligne de touche ! L'histoire aurait pu être belle, si le gardien des Gamba n'avait pas décidé de mettre fin à sa carrière en offrant le but à Nagoya à 30 sec de la fin ... Silence de mort dans la salle, on en profite pour filer à l'anglaise (dangereux dans un bar irlandais ;D)

Voila that's all folks, enjoy the pics !

1 juil. 2009

Fugitifs Raphaëlois : le Japon passe au niveau d'alerte 5

Conséquence du passage de l'alerte au niveau 5, la ville d'Osaka a été entièrement quadrillée par les forces de police niponnes. 
Osaka, 02.07.09 (Reuters)

Après la prise d'assaut d'Osaka et de ses environs par deux jeunes Raphaëlois mardi soir, le ministère de l'intérieur japonais vient de décréter officiellement le passage au niveau d'alerte 5. Les deux malfrats, que la presse nipponne surnomme déjà la "Boulouris Connection", auraient été aperçus a l'aéroport de Kansai International en provenance de Seoul Incheon et son espace lounge de luxe. Les bandits auraient selon toute vraisemblance tenté de détourner l'avion vers le mont Fuji, menaçant l'équipage avec du foie gras périmé. Faute de carburant, ils auraient été condamnés à un atterrissage forcé à l'aéroport d'Osaka avec une heure de retard sur l'horaire prévue. Les deux terroristes auraient eu le temps de prévenir un de leur complice sur place, qui serait lui aussi arrivé avec une bonne heure de retard sur les lieux, muni de trois skateboards pour faciliter la fuite. A leur arrivée, les deux malfaiteurs ont réussi à passer inaperçus, déguisés en touristes néozélandais avec tong jaunes et short à pois multicolores.

D'après les dernières informations, leurs échappée aurait pu tourner court quand un agent de police japonais, déguisé en hôtesse de l'air, est entré en contact avec leur complice. L'agent a tenté d'obtenir leur adresse au Japon, prétextant une erreur administrative à la douane. Mais le complice, flairant le danger, aurait répondu dans un japonais approximatif : " J'aime les sushis au thon, mais pas ceux au poulpe. Toi t'as une tête de poulpe ".

Un passager, visiblement encore sous le choc, raconte : " ils avaient l'oeil hagard, le pouls vif et le pas menaçant ". Un agent de la compagnie de train JR, sous la menace de tranches de magret avariées, leur aurait délivré un JR Pass longue durée : " leur pass est valide pour 3 semaines, ils vont retourner le Japon c'est sûr ! " Même son de cloche pour cet adolescent de Hong Kong, qui aurait joué à PES en réseau avec un des deux malfaiteurs, visiblement installés dans un game center d'Osaka. " Il avait pris l'OM. Face aux tacles assassins de Cana et aux bastos de Taiwo à 40m, je n'ai rien pu faire. Ces gars là n'ont peur de rien. Depuis, j'ai arrêté les games centers, je ne vais plus que dans les Pachinko "

Interrogé sur cette affaire, le commissaire Kawamoto ne cache pas son inquiétude : " il est clair que nous n'avons pas affaire à des amateurs. Au vu de leur préparation minutieuse, les deux malfrats ont la ferme intention de retourner le Japon, et d'en extraire la substantifique moelle. J'appelle donc tous les habitants d'Osaka et de ses environs, de Nara à Kobe en passant par Kyoto, à la plus grande vigilance "

Le gouvernement japonais, qui s'évertue depuis des mois à remonter un moral des ménages au plus bas du fait de la crise financière, se serait bien passé de cette nouvelle vague terroriste. Preuve que rien n'est laissé au hasard, plusieurs instances internationales (dont Interpol et l'équipe VTT de Pacific Blue) auraient été appelées en renfort. Certains parlent même d'un certain Chuck Norris ... 

La chasse aux Raphaëlois est officiellement ouverte.

Ponyo, Daily Osaka News

20 juin 2009

Dans les eaux d'Arashiyama

Sur l'initiative de Shililou, fournisseur officiel de bonheur pour masses populaires, l'équipe au grand complet a rendez vous avec la rivière d'Arashiyama pour une aprem rafting !

Après un déjeuner venteux sur les cimes de la gare de Kyoto, entre un Shinkansen et une cérémonie de mariage (oui on se marie dans les gares au Japon), direction les montagnes d'Arashiyama.


Le staff de TomSoya est jeune et cool, on a un peu le temps de papoter en attendant les retardataires. Après avoir enfilé nos combis, tous à la flotte ! On est assez pour remplir deux bateaux, S. remporte le suffrage féminin et se retrouve donc seul homme à bord pour lutter contre le bateau des pirates Mikan ... La descente nous prend 2 bonnes heures, rythmées de rapides 'Jurassic park', de cris de guerre, de batailles d'eau, de baignades au soleil et de sauts de falaises (enfin falaises ... disons que caillou surplombant la rivière serait plus approprié)

Bon j'avoue que si on est à la recherche de sensations extrêmes, mieux vaut passer son chemin ... La rivière est assez calme, particulièrement aujourd'hui. Mais pour le reste le coin est vraiment idyllique, les paysages sont superbes au cœur cette grande forêt où une rivière et un petit train de campagne peinent à se frayer un chemin. L'eau est bonne, les oiseaux gazouillent, l'homme et la forêt chantent leur bonheur à l'unisson (???). Dommage que les singes nous aient snobé !


Voila fin du parcours ! Pratique, il y a un arrêt de train juste en bas de la rivière pour nous ramener au point de départ. Fin de journée, les plus courageux (c'est à dire tout le monde sauf Popeye) vont récupérer des forces dans un resto à Okonomiyaki vers Kyobashi. La panse pleine, le gosier bien arrosé, le muscle saillant et le poil soyeux, chacun rentre chez soi pour une bonne nuit bien méritée ;D

PS: désolé pas trop de photos pour l'instant (rafting et reflex ne sont pas très copains généralement). Mais quelques photos de groupe devraient suivre quand A. (la nouvelle stagiaire américaine) aura un accès internet pour me passer ses photos C'est bon j'ai récupéré quelques photos, elles sont ici comme d'hab.

6 juin 2009

Kobe la cosmopolite

Ce samedi, cap sur Kobe moussaillons ! Je me sens d'humeur à aller brouter avec les boeufs qui boivent de la bière et se font masser en écoutant du Johannes Brahms. A moins qu'un tremblement de terre ne vienne gâcher la fête. Voila c'est fait, les deux gros clichés ayant été cités, passons au vrai Kobe.

Arrivé vers midi à la gare de Sannomiya, il ne me faut pas plus de 2 min pour trouver un point touriste et une carte de la ville (+1 pour la mairie de Kobe :D) La ville est grosso modo coupée en deux par le tremblement de terre la ligne de train régionale : le Nord et son quartier européen Kitano, et le Sud avec son fameux port et ses commerces. Passé touriste professionnel depuis peu, je décide de me limiter aujourd'hui au Nord.

Kobe est très certainement la ville la moins japonaise qu'il m'ait été donné de visiter ici. Elle fut pourtant brièvement la capitale du Japon (pour ceux qui suivent depuis le début, ce n'est que la 4ème après Kyoto, Nara et maintenant Tokyo). Elle fut la première à s'adonner au commerce international en ouvrant son port au pays de l'ouest au début du siècle. Kobe compte aujourd"hui près de 50.000 étrangers et pas moins de 100 nationalités différentes, avec une majorité visible d'européens, d'indiens, de chinois et de coréens (bon d'accord les majorités chinoise et coréenne sont moins visibles je vous l'accorde). Et on s'en rend très vite compte en flânant dans le quartier de Kitano. Kitano-Cho, c'est un peu le Beverly Hills de Kobe. C'est sur cette colline que les riches armateurs négociants ont fait construire au XIXème des résidences de luxe à l'européenne. Pour les japonais, ce quartier représente le comble de l'exotisme. Moi je me sens à la maison ... Une fois n'est pas coutume, les japonais se sont emparés de cette spécificité européenne avec le tact qu'on leur connait, à savoir des drapeaux français et anglais tous les 3 mètres, un restaurant sur deux qui se prétend haute gastronomie française et une ribambelle de franponais. Quoi je ne vous ai pas encore parlé du franponais ? Aie je commence à être sérieusement à la bourre sur mon blog ! Note perso : prochain billet spécial sur le franponais et l'engrish.



En me baladant au gré des ruelles ombragées (29°C quand même), je tombe tour à tour sur la Mosquée de Kobe, l'église Baptiste, Catholique, Orthodoxe, et enfin la Synagogue Ohel Shelomo. Que tous les lecteurs qui partagent de près ou de loin les convictions religieuses de Ponyo se rassurent, vous aurez droit très bientôt à un billet spécial.

La Kitano street est la rue la plus emblématique de cette invasion occidentale, illustrée par l'ancienne ambassade du Panama ou encore la Ben's House. Ben était un vieux chasseur anglais qui a accepté d'ouvrir son ancienne demeure au public, médusé devant sa cheminée, sa chaise à bascule et sont tapis en peau de tigre. Mais malgré tous mes récents progrès dans la langue de Yoko Ono, je ne parviens pas à négocier le prix d'entrée. Tant pis Ben, une autre fois peut être ...

Next target : le jardin Sorakuen ! Kobe a tout de même réussi à conserver une once de sa propre culture. Le jardin faisait partie de la demeure de Kodera Kenkichi, ancien maire de Kobe. Ouvert au public en 1941, il ne reste plus que le jardin, sa maison ayant été détruite pendant la guerre, ainsi que la maison d'un certain Mr Hassam, un commerçant indien dont l'opportunisme l'a conduit dans les hautes sphères de l'intelligentsia locale. Bref, encore un magnifique jardin qui vient embellir ma merveilleuse collection. Bonne visite :D


C'est tout pour cette première partie ! Programme du prochain épisode à Kobe : le port, Chinatown, les restes du tremblement de terre, le Arima-onsen, et sûrement un peu de shopping à Harborland. Car comme disent les japonais à propos de la mode : "If you can't go to Paris, go to Kobe". Moué.

25 mai 2009

Business Trip à Okayama

Aujourd'hui, bonne surprise, mon boss m'emmène en business trip à Okayama ! Ca veut dire premier Shinkansen ! Yalla ... On va présenter nos protos à l'Université de médecine Kawasaki. A l'entrée, on nous demande d'enlever nos chaussures (encore ?!?), on se retrouve donc à trois costumes cravate en pantoufles ... Le proto de mon boss a été malmené pendant le transport, du coup il marche pas et mon projet se retrouve sous le feu des projecteurs. C'est rigolo, je me retrouve à faire cours en anglais à une dizaine d'étudiantes en master, qui visiblement n'ont rien à cirer de ce que je suis en train de leur raconter, mais qui par contre s'éclatent comme des gamines, me prennent en photo et m'interrompent à coup de "sensei, you want to dance ? ". Et oui la French Touch que voulez vous ...

Fin de journée, je négocie pour repousser le train du retour et faire un peu de sightseeing. Pas de chance, le jardin Korakuen est fermé (pour info, c'est un des trois plus beaux jardins du Japon). Du coup S. m'emmène dans le vieux quartier Bikan à Kurashiki. C'est un endroit vraiment magique ... A l'entrée de la rue, on plonge subitement dans le Japon de l'époque Edo (1600~1800). Des ruelles commerçantes longées par un petit canal truffé de carpes affamées, un petit pont où des japonaises discutent sous une ombrelle, autrement dit un énorme cliché qui prend forme sous nos yeux. D'ailleurs, S. me confirme que l'endroit sert souvent de décor pour tourner des films. Bon j'ai pas trouvé de films, alors il faudra se contenter des photos. Back to Osaka, Shinkansen again. That's all Folks !

9 mai 2009

Robocup


A force de voir la pub un peu partout en ville, j'ai finalement craqué. Je suis donc allé voir la "Robocup Japan Open 2009 Osaka", compétition de robots organisé au Kyocera Dome (grand stade couvert de baseball, terrain d'accueil des Buffaloes). La compet' dure 3 jours, et aujourd'hui c'est la catégorie ..... junior. Moi qui venais voir de la robotique de haut vol, c'est raté. Mais c'est présumer un peu vite des talents des gamins japonais. Beaucoup de gens ont fait le déplacement, essentiellement des parents venus supporter leur progéniture. Il y a plein de thèmes différents, beaucoup de match de foot, mais aussi des concours de danse, d'orientation ou des stands d'inititation. Et les gamins sont tout simplement hallucinant ! En coulisse, une armée de minots gigotent dans tous les sens,  en train de programmer leur netbook, de bidouiller les cartes électroniques de leurs robots d'une compléxité vraiment bluffante. Après avoir vu ça, je vous le confirme, un diplôme d'ingé français en électronique ne vaut vraiment pas grand chose ici ...


J'ai quand même la chance d'assister à quelques démonstrations pro, dont vous trouverez quelques vidéos, d'une qualité médiocre certes, mais on comprend quand même ce qu'il se passe. J'ai raté la session danse de cette année, alors je vous balance celle de l'année dernière (bouuhhhh). 
Enjoy !


5 mai 2009

Les vacances de Ponyo (Part I.2 : Kyoto & Nara)

Fin de vacances, deux jours à tuer, c'est l'occasion de refaire un petit tour à Kyoto, et pourquoi pas visiter Nara. Cette fois j'ai décidé de ne pas y aller complétement à l'improviste, j'ai donc imprimé un guide. En le lisant dans le train, je me rends vraiment compte de l'étendue de la chose, je vais donc me limiter à un endroit bien précis, à savoir les alentours de Gion. Ce quartier est un peu le centre ville traditionnel où on trouve beaucoup de maisons de thé, de restaurants et de petits théâtres. C'est vraiment un endroit très agréable, parcouru tout le long par un petit cours d'eau, comme le montrent les photos. En réalité, il est surtout connu pour être le quartier des geishas. C'est ici que beaucoup d'entre elles logent et se produisent (par "produisent" j'entends "animent les arts traditionnels japonais dans les banquets). Malheureusement on n'en croise presque jamais dans les rues, à moins d'être chanceux. La chance n'est pas avec moi aujourd'hui, tant pis, ce sera pour la prochaine fois ... 




Le lendemain, on décide d'aller à Nara avec S. Historiquement, Nara fut la première capitale du Japon. Elle est restée une ville très traditionnelle avec ses nombreux temples et sanctuaires. C'est également un des berceaux de l'art sculptural japonais, on y trouve beaucoup un bon nombre de  statues de Bouddha, notamment la grande statue du Todaiji Temple. Nara est aussi connue pour son grand parc en plein centre-ville, où des cerfs sauvages se balladent et dévorent tout ce que leur donnent les touristes. Malheureusement la pluie vient vite gâcher notre plaisir, et nous oblige à nous rabattre dans le centre ville moderne, où il y a quelques rues piétonnes couvertes et un Sega Center, centre de jeux vidéo arcade où on paye pour avoir un gros mal de crâne en sortant. Mais l'intérêt de Nara est ailleurs, vous l'aurez compris ...

3 mai 2009

Les Vacances de Ponyo (Part I.1 : Miyajima)

Lever 7h pour me rendre sur l'île de Miyajima. J'apprends en partant que mon voisin de chambre s'est fait volé 5000 ¥ dans son porte feuille pendant la nuit. Je m'en sors bien, sachant que j'avais quand même mon MacBook, mon appareil photo et mon argent au pied du lit. Bref, après 40 min de Streetcar et 10 min de Ferry, me voici à Miyajima. Et là c'est le coup de foudre ! Une petite île paradisiaque, où on trouve à la fois plage, montagne, temples, parc naturel, chevreuils à l'état sauvage (deers en anglais, je ne sais pas si ce sont des cerfs, des chevreuils, des biches ou des daims). C'est tout simplement un endroit magique, où je conseille à tous ces messieurs d'emmener leur dulcinée. Je ne veux pas gâcher ce moment avec des mots, donc allez voir les photos.
Entre temps, j'apprends qu'il n'y a pas de bus pour Osaka avant le lendemain midi, il me faut donc trouver refuge pour la nuit. L'idée de camper à l'état sauvage me traverse l'esprit, mais la fraîcheur de la nuit et l'escalade du Mt Misen (point culminant de l'île, plus de 500m) calment mes ardeurs, même si la montagne me récompense avec une vue magnifique sur toute l'île.

Finalement j'opte pour le plan de secours n°2, à savoir aller dormir dans un cyber café à Hiroshima. Ca va sûrement vous surprendre, mais sachez que c'est très courant au Japon! Les cyber-cafés sont bien mieux aménagés qu'en France. Pour environ 1500 ¥, on a libre accès pendant 9h à son compartiment avec PC, téléphone et au choix : fauteuil en cuir inclinable, sofa ou matelas. Autrement dit c'est fait pour. Il y a une bibliothèque immense de mangas et magasines en libre accès, boissons à volonté et on peut même prendre une douche pour 300 ¥. D'ailleurs j'étais loin d'être seul, le cyber-café était bondé de gens venus passer la nuit. C'est d'ailleurs un problème inquiétant au Japon : plus de 5000 Japonais sans domicile fixe, des travailleurs précaires âgés d'une vingtaine d'années pour la plupart, dorment quasiment chaque nuit dans des cybercafés.

Pour conclure cette excursion, je vous ai concocté une petite vidéo maison :




30 avr. 2009

Les Vacances de Ponyo (Part I.1 : Hiroshima)

Très vite, mes plans de voyage pour la deuxième partie des vacances s'annoncent compromis. J'aimerais bien partir à Hiroshima et visiter l'île de Miyajima, mais après quelques coups de fil (oui j'ai récupéré un téléphone depuis), je comprends vite que tout est complet ........ sauf si je pars le soir même ! Allez hop, départ sur un coup de tête pour 3 jours dans la préfecture d'Hiroshima avec seulement l'aller en poche, le retour on verra bien !

Le moyen le plus rapide d'aller à Hiroshima reste le Shinkansen (ou Bullet train, équivalent du TGV en France), mais il reste cher, surtout pendant la Golden Week. J'opte donc pour le plan B, bien connu des voyageurs de fortune, à savoir le bus de nuit. Départ d'Umeda (que j'ai repéré la veille), et c'est parti pour 6 heures de bus.

Arrivée au petit matin à Hiroshima. Ne sachant pas trop où j'ai atterri, un groupe d'américains me vient en aide. Au bout de 5 min, l'un d'eux me lance : "Where are you from ? You sound Australian !" Merci ça fait plaisir. Le temps de prendre un café et de comprendre comment marchent les streetcar, j'arrive à l'auberge J-Hoppers pile à l'heure d'ouverture. Pour ceux qui souhaitent visiter cette région, ce "backpackers" est un très bon point de chute. Très bon marché (2500 ¥ la nuit dans le dortoir commun, y a pas moins cher), bien situé, le staff est vraiment sympa et parle anglais (demandez Mameru). Le temps de poser les affaires, je décide de louer un vélo pour la journée (500 ¥) et me lance direction le Hiroshima Peace Memorial, plus connu sous le nom de A-Dome. Plutôt bien conservé après l'explosion de la bombe atomique (pourtant l'hypocentre n'est qu'à 100m), les habitants ont décidé de le conserver tel quel. Il est devenu au fil des années le symbole de la tragédie. Toutes les photos sont sur mon PicasaWeb. Ensuite, petite ballade dans le Memorial Park érigé en mémoire des victimes. Je décide de visiter le Peace Memorial Museum (seulement 50 ¥). Bon je ne vais pas vous mentir, ce n'est pas le musée le plus drôle que j'ai fait, mais je l'ai trouvé vraiment intéressant. J'y ai appris des tas de choses, notamment pourquoi Hiroshima a été choisie par les USA comme cible.

Bref vous allez penser qu'Hiroshima ne tourne qu'autour de la bombe nucléaire (ce qui n'est pas totalement faux), donc je vais parler un peu du reste. Le stade de Baseball des Carps (oui les carpes), équipe pro locale, est au plein coeur de la ville. Je ne l'ai peut être pas précisé avant, donc je le fais maintenant : Le Baseball est au Japon ce que le foot est au Royaume-Uni. C'est quasiment une religion ici, même si le foot (sakkâ) a aussi une place importante. Il y a visiblement un match amateur en ce moment, mais l'entrée est trop chère pour ma petite bourse. 

La chambre de commerce et d'industrie d'Hiroshima a la bonne idée d'être collée au stade et d'avoir 12 étages, on doit donc pouvoir avoir une belle vue du stade de là haut. Je parviens à embrouiller l'hôtesse d'accueil et à accéder au dernier étage, mais l'accès est bloqué (prévention anti-suicide visiblement). Finalement j'ai réussi à prendre quelques clichés depuis le toit d'un autre immeuble.

Après une pause déjeuner dans une des nombreuses Bakery (on y trouve toute sorte de sandwiches, tartes et pains briochés en self-service, nourriture 100% française mais concept 100% japonais), je décide d'escalader le Rihga Royal Hotel et ses 33 étages, histoire de voir toute la ville. A l'ouverture de la porte d'ascenseur, je tombe nez à nez avec cinq majordomes sourire collé au visage et bouteille de Champagne à la main. Apparemment le dernier étage est réservé à un restaurant gastronomique français ou l'entrée commence à ... 5 000 ¥. J'essaye d'expliquer que je veux juste prendre une photo. L'un deux m'emmène à l'étage du dessous, ou il y a un espace lounge réservé au client de luxe (le Rihga a 4 étoiles quand même), avec une immense baie vitrée. D'où ces quelques modestes photos.

En fin de journée, je décide d'aller essayer mon premier 銭湯 sentō, bain public japonais. La nudité est de rigueur (!), et on se lave sur petit tabouret avec un jet d'eau avant d'aller s'immerger dans plusieurs bassins à différentes températures. On trouve même des bains électrifiés (!!), ça fait bizarre. Les Sento s'apparentent aux Onsen, mais les Onsen sont des sources naturelles que l'on trouve à proximité des volcans. J'en ressors revigoré, frais comme un gardon, le poil luisant.

Le soir, je sors manger un お好み焼き, okonomiyaki, sorte d'omelette fourrée typiquement japonaise. Celles d'Hiroshima sont très réputées. Les okonomiyaki sont cuisinées devant nous et se mangent à même la plaque chauffante. Encore une fois, les photos parlent d'elles-même.



29 avr. 2009

Golden Week

Pour fêter ma première semaine de travail, rien de tel qu'une semaine de vacances ! Voici arrivée la fameuse Golden Week, principale période de vacances des Japonais,  qui arrive peu après le début de l'année (en avril au Japon). Pour moi, cette Golden Week arrive peut être un peu trop tôt. Trop fraîchement arrivé, je n'ai pas trop eu le temps de planifier quoi que ce soit. Sachant que ce sont quasiment les seules vacances des japonais, elles sont organisées longtemps à l'avance si bien que les transports et la plupart des hôtels et autres ryokan (auberge traditionnelle japonaise) affichent complet.

Je décide de passer les premiers jours dans le coin, et de partir plutôt pour la fin des vacances, pour avoir le temps de tout organiser correctement. Je me lance donc dans l'exploration d'Umeda, 2ème centre ville d'Osaka. Comment décrire Umeda en étant le plus fidèle possible... Umeda c'est ... égarant ? A la sortie du métro, c'est la panique totale. Je me retrouve au beau milieu d'une galerie sous terraine qui n'est rien d'autre que l'un des plus grands centres commerciaux du Japon ... le tout sur un seul étage, je vous laisse imaginer. Mais Umeda c'est aussi un pôle économique, un carrefour autoroutier immense, le point de chute des hôtels de luxe démesurés. Bref une jungle de béton complètement déroutante pour le petit provincial que je suis. Au passage, j'en profite pour signaler qu'Osaka est (de peu certes) plus grande que Paris en taille et en nombre d'habitants (et ça n'est que la 3ème plus grande ville du Japon, Tokyo est encore 3 à 4 fois plus grande ...brrr).

En cherchant un magasin, je tombe sur un monsieur en vélo, qui non seulement m'indique le chemin, mais se propose même de m'accompagner (avec un joli "My wife is waiting for me, but I don't care"). Le magasin est à plus de 20 min de marche, ce qui nous laisse le temps de sympathiser. K-san m'annonce qu'il entraîne une équipe de baseball de gamins de 12 ans, qu'il participe à un championnat dimanche prochain, et qu'il aimerait beaucoup que je vienne y assister. Why not ? Finalement, je trouve ce que je cherchais grâce à lui. Pour le remercier, je l'invite à aller boire un coup dans le quartier. Deux heures, une douzaine de takoyaki (les boulettes de poulpe, pour ceux qui suivent) et 4 bouteilles de Kirin (la bière locale) plus tard, nous quittons les lieux un peu émêchés. Malgré son insistance, je parviens à payer. Très honoré (les japonais estiment que quand un étranger vient au Japon, il est leur invité et qu'il ne doit rien payer), il promet de m'inviter à manger chez lui et de me présenter son fils et sa fille qui ont le même âge que moi. Et bim, un rencard dans une famille japonaise, j'ai gagné ma journée.

22 avr. 2009

Welcome Party, Part I

Ce soir, après le boulot, mon équipe m'emmène dans un 居酒屋 (izakaya) pas loin de là, pour fêter mon arrivée comme il se doit. L' izakaya est un peu l'équivalent de la brasserie en France. Littéralement, izakaya signifie "lieu où l’on sert de l'alcool", mais on n'y vient aussi pour manger (et pas qu'un peu croyez moi). Le concept est plutôt convivial, les tables sont quasiment à même le sol, mais il y a un trou pour les jambes, ce qui fait qu'on y est assis comme à une table classique, sauf qu'on est par terre. Chaque groupe est généralement isolé par une porte coulissante, par laquelle la serveuse vient prendre les commandes et servir les plats. On ne commande pas pour soi, mais pour tout le monde, les plats sont répartis sur la table et on vient picorer. C'est un lieu très apprécié ici. Les japonais vont souvent là-bas entre collègues, parce que c'est un endroit où on peut enfin tomber les masques, où le respect de la hiérarchie est un peu mis de côté et où on peut parler franchement. Ce que je m'empresse de faire : après mon troisième 梅酒 (umeshu, litt. « alcool de prune »), je leur fais remarquer le paradoxe du costard. Petite parenthèse sur ce fameux paradoxe : chez Panasonic (et sûrement ailleurs), tout le monde vient au boulot super classe. Seulement la quasi totalité des gens travaillent en R&D, et enfile donc, dans le vestiaire avant d'arriver au bureau,  l'uniforme prévu à cet effet. Résultat des courses, le costard ne leur sert qu'à faire les beaux dans le métro le matin en venant et le soir en partant. Aucun intérêt. En tout cas ça a le don de les faire bien marrer, ils m'avouent qu'ils trouvent ça débile aussi, mais que c'est comme ça. D'ailleurs c'est un bon moyen de repérer les stagiaires étrangers à Panasonic, ils sont tous en T-shirt Jean Basket. Parenthèse fermée, la soirée touche à sa fin. Et là, au moment de payer, on remet les masques. C'est simple, ici on paye à hauteur de son salaire, ce qui veut dire que le manager crache la thune, que autres se partagent le reste et que moi je me fais inviter. Héhé.

19 avr. 2009

Virée à Kyoto

Ce dimanche, S. et T., une autre stagiaire chinoise de Centrale, ont décidé de visiter Kyoto. Très bonne nouvelle, je profite du fait qu'il soient arrivés avant moi pour prendre le train en route. Surtout que la saison des (Sakura, les fameux cerisiers en fleurs) touche à sa fin, et que si je veux en voir, c'est aujourd'hui ou jamais. Bonne surprise, Kyoto est vraiment facile d'accès, à seulement une grosse heure de train et ne coûte que 400 ¥ (j'arrête volontairement de convertir en € pour immerger le lecteur... ).

Pour ceux qui ne connaissent pas du tout, Kyoto est considéré par beaucoup comme la plus belle ville du Japon. Ancienne capitale historique, elle regorge de temples et de multiples vestiges du Japon traditionnel ancien. De nombreux temples de Kyōto sont classés dans le patrimoine mondial de l'UNESCO.

Il fait vraiment très beau, presque trop chaud. Nous commençons à visiter sans trop savoir ou nous allons. On aperçoit au loin une grande porte rouge vif, vers laquelle nous nous empressons d'aller. Il s'agit de la Yasaka Jinja Shrine, un temple shintoïste situé dans le district de Gion. Il ne s'agit pas seulement d'un temple, mais d'un immense sanctuaire où on trouve parcs, jardins et de très beaux temples, et aussi quelques cherry blossoms (et oui j'en ai eu !). La visite nous a pris une bonne partie de l'après midi. Allez voir les photos, elles parlent d'elles même.



Je reviendrai sûrement plusieurs fois, car il faut bien plus de temps (toute une vie diront certains) pour saisir cette ville magnifique.